La police n’attendait que quelques milliers de manifestants ; elle en a vu arriver 23.000! Les autorités estiment cependant avoir «maîtrisé» le rassemblement interdit organisé mardi à Paris, à l’appel du comité de soutien à la famille d’Adama Traoré, ce jeune homme noir de 24 ans, mort en 2016 après son interpellation par des gendarmes à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise).

Pourtant, les ex-RG se trompent rarement. «Mais avec les réseaux sociaux, les gens s’agrègent au dernier moment et il devient difficile de faire des prévisions», se défend un commissaire de police parisien. Une chose est sûre: l’affaire George Floyd, du nom de cet Afro-Américain de 46 ans, mort asphyxié par un policier blanc, le 25 mai dernier, aux États-Unis, a servi de catalyseur à un mouvement qui a franchi les frontières.

Assa, la sœur d’Adama Traoré qui se bat depuis quatre ans pour que justice soit rendue à son frère, n’a pas hésité à établir un parallèle avec ce drame outre-Atlantique. «Ils ont eu les mêmes mots: je n’arrive plus à respirer, je n’arrive plus à respirer», a-t-elle déclaré.

Racistes les policiers et gendarmes français? Le ministre de l’Intérieur s’inscrit en faux contre cette idée. Et il a promis «une sanction» pour «chaque faute» ou mot raciste dans les rangs de la police ou de la gendarmerie. Christophe Castaner a aussi fustigé les casseurs de la manifestation de mardi.

Tout avait commencé dans le calme vers 17 heures. À 19 heures, les manifestants étaient déjà plus de 15.000. Un public hétéroclite composé majoritairement de jeunes issus de l’immigration, mais aussi de militants d’extrême gauche. À 20 h 30, l’appel à la dispersion était lancé par le commissaire de quartier. Certains manifestants rejoignaient alors le périphérique, d’autres se rendaient à Clichy ou vers le nord de la capitale. Dégradations, jets de projectiles se sont multipliés.

Le préfet de police de Paris, Didier Lallement, a signalé à la justice les entorses à la loi constatées la veille

Bilan: plusieurs incendies de poubelles, de barricades. Les casseurs ont mis le feu à des vélos, à des trottinettes électriques, ainsi qu’à deux engins de chantiers. Par ailleurs, quatre commerces ont eu leurs vitrines étoilées ou taguées.

À Clichy, la façade des locaux de la police municipale a été dégradée, ainsi qu’un véhicule et la devanture d’un supermarché.

La police compte deux blessés dans ses rangs et a pu interpeller 18 personnes, dont 17 placées en garde à vue. Des intrus auraient introduit deux bidons d’essence dans la Maison des avocats, située en bas du palais de justice, mais le bâtiment n’a pas été dégradé. La doctrine de la «mise à distance» des casseurs, privilégiée par la PP, a été «plutôt efficace», confie un officiel parisien. Mais de l’avis de bien des policiers, les banlieues demeurent agitées.

Mercredi, le préfet de police de Paris, Didier Lallement, a signalé à la justice les entorses à la loi constatées la veille, s’agissant d’une manifestation interdite et non déclarée.


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