Auditionnée  par la commission d’enquête sénatoriale chargée de suivre la gestion de la Covid-19 par le gouvernement, Sibeth Ndiaye a soutenu que les doutes et critiques suscités par les choix et la communication défaillante de l’exécutif au début de l’épidémie ne relève pas de la responsablité du gouvernement. Ce serait le résultat d’un manque de familiarité des Français avec la méthode scientifique.

Sibeth Ndiaye traite les Français d’incultes

« Je crois qu’on a souffert au cours de cette crise d’un défaut d’acculturation scientifique de la population française », a avancé Sibeth Ndiaye. Dans un développement confinant à la condescendance, Sibeth Ndiaye estime en effet que les rouages du processus scientifique auraient échappé à une opinion renvoyée à l’image d’une masse affolée et ignorante.

« Quand on devait expliquer que quand il fallait tester un traitement (…) ça prenait des semaines et des semaines, on était confronté à des gens, sur des plateaux de télévision, où même à des citoyens (…) qui vous disaient : ‘Mais pourquoi ce n’est pas oui ou non ? »

« Pourquoi c’est pas blanc ou noir, et pourquoi ce n’est pas tout de suite ? Comment vous, qui êtes censés être l’élite politique, médicale, de décideurs, vous êtes incapables de dire si c’est maintenant, tout de suite ?' »

« On vous accuse d’atermoyer »

Concédant certes que « tout n’a pas été bien fait », Sibeth Ndiaye s’est toutefois cramponnée à l’idée que le problème de communication se situait davantage du côté des récepteurs.

« Expliquer qu’on part d’hypothèses, que ces hypothèses doivent être testées, qu’il faut que plusieurs bras expérimentaux sur les médicaments convergent pour donner la même réponse et que c’est à partir de là qu’on donnera une réponse définitive, ça a été très difficile. »

Si difficile que Sibeth Ndiaye l’a elle-même résumé en une phrase devant la commission.

Mais l’ancienne porte-parole ne désarme pas pour autant : « En aucun cas le gouvernement n’a manqué ni de célérité, ni de concentration, ni d’attention au moment de rentrer dans cette pandémie », assure-t-elle. Evacuant les questions ô combien légitimes des stocks de masques, des difficultés rencontrées pour tester la population, ou du manque de moyens constatés dans les hôpitaux, la nouvelle responsable du pôle « idées » de La République en marche préfère pointer du doigt… l’air du temps.

« Ça marque le rapport au temps de notre société. « Dès que vous allez sur un plateau de télévision quand vous êtes un décideur politique pour dire : c’est plus compliqué que ça, réfléchissons, prenons le temps, on vous accuse d’atermoyer, on vous dit que vous n’allez pas assez vite. »


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